Las Palmas, terre d'attente.
Ca fait maintenant presque un mois qu'on passe la vie dans cette marina, on arrive à peine à y croire nous meme.
Au début, on était super motivées, on faisait le tour des pontons tous les jours (il faut vite apprendre comment forcer les portes héhé), on essayait de parler avec tout le monde, puis après dix jours, on en a eu marre de cette marina, de trainer au Sailor's bar, de chercher sans trouver, sans rien rien trouver.
Alors on a commencé à juste trainer au Sailor's bar et papotter avec nos nouveaux copains, d'autres bateaux stoppeurs, des gens du squat, des marins qui ne partent pas où on veut, des marins qui partiront sans nous. Mais c'est pas grave, on s'en fout. Et puis avec ça, on est super connues au port. Grace à notre super photo, tout le monde nous dit « ouai j'ai vu votre affiche... », c'est rigolo.
Bref on rencontre une tonne de monde, en meme temps c'est un petit monde la marina. Quand on va quelque part, on va toujours plus lentement que prévu car il y a toujours des gens avec qui discuter sur le chemin.
On a commencé à passer du bon temps avec les copains, et puis on a enfin osé quitter la marina et prendre l'air. On n'en pouvait plus ! On devenait neurasthéniques !
Déjà, on s'est fait un beach rugby nocturne avec le groupe belgico-français (ouai c'est horrible il n'y a que des français partout, on parle à peine espagnol...), c'était chouette de pouvoir enfin se dépenser et se jeter dans le sable. Puis on est allé faire une rando, près de Tejeda, à 9... Ah ça faisait la colonie de vacances oui. Au centre de l'île, c'est tout beau, tout magnifique, c'est plein de montagnes, un petit air de Corse version Océan. C'était génial de sortir de la ville, prendre l'air, voir du vert. La journée a été longue, on s'est perdu quelques fois, on a dévalé des rivières de cailloux sur des flancs de montagne bien escarpés... On a du réveiller tout le monde avec nos cris et nos fausses chutes. Pour finir, bien crevés, bien moulus, on s'est retrouvé dans le trou du cul du monde, sans bus, la nuit qui tombait. Eh ben on a essayé le stop à 9... ça n'a pas marché. On a fait des petits groupes et un petit vieux sympa a fait faire 10 kilometres à 4 d'entre nous. C'était assez marrant.
Et le lendemain, pendant que les canariens font leur marathon dans la ville, Gigi l'amoroso, italien pétaradant rencontré à la marina, nous a amené sur le bout pelé et brulé de l'île. Des cailloux, la mer et des cailloux, mais au moins c'était tranquille. Et comme j'ai une petite tendinite au talon et que je ne peux plus mettre de chaussures, j'ai tout fait en tong, escalade et tout ça !
Ce week-end actif m'a fait du bien en tous cas, ça rafraichissait. Mais après ça, on a laissé couler les recherches, on a profité de la vie.
Bon, j'avoue, après déjà une semaine à la marina, on commençait à aller boire des coups sur les bateaux, se faire inviter à manger, on en a visité pas mal des bateaux quand même. L'énorme catamaran de Diego (qui est parti au Panama sans nous...) nous a bien fait rêver d'ailleurs.
Mais bon, on a formé un petit groupe de hippies autour du bateau Lepto (comme Leptospirose oui...) d'une française ; en plus des ballades, des apéros, on fait de la musique sur la plage, du jonglage, des ateliers dessins à 8 dans le petit bateau hihi. Je fais l'accompagnement musical en général. On passe du bon temps quand même.
Et puis au niveau musique justement, ben je joue de l'accordéon, partout, tout le temps, avec tout le monde. C'est plutot extraordinaire pour moi ce qu'il se passe. J'ai joué dans la rue, fait quelques sous, j'ai joué avec des bons musiciens, on fait des bœufs tout ça, les gens sont contents de m'écouter, de jouer avec moi, alors je joue, je joue, et je progresse, c'est génial. Il y en a même un qui fait de la derbouka, alors on s'amuse bien ensemble. Un jour, on a fait clarinette, accordéon, guitare, derbouka, c'était beau...
Voilà, les jours passent à Las Palmas, avec leurs lots d'espoirs, de fausses pistes, de glandouille entre potes au Sailor's bar,
Ah oui le squat.
Alors c'est beau, c'est grand, le soir il y a des gens qui jouent aux échecs ou qui font de la musique et qui dansent, c'est chouette. Et puis il y a aussi les bagarres, les conflits, les sales coups, les râleurs, les connards. En gros, on a assez vite déchanté sur l'ambiance de ce squat bien trop grand en fait. 50 personnes qui y vivent en moyenne...
Et il y a des règles. On peut squatter dans le squat, mais au début, on n'a que le droit de camper dans la mezzanine immense qui surplombe la grande salle du rez de chaussée. C'est très bruyant, pas intime, mais on s'y est vite fait, sur nos petits cartons. Et puis le soir, on faisait les poubelles et on trouvait toujours de quoi améliorer notre couche. Et un jour on a trouvé deux matelas trop confortables, ça y est, on était bien. Mais c'était pas fini, parce qu'après 1 semaine de camping dans le couloir, on nous a donné une chambre, merci Jean-Mi. Avec clé ! Le luxe...
Ah ça, on a bien profité de notre chambre au deuxième étage, belle lumière, silence, c'était royal. Mais comme on trainait beaucoup au port, on n'avait pas trop le temps de s'investir dans le squat donc il y a des gens qui ont commencé à grincer des dents quand on passait. Du coup, l'atmosphère pas très agréable et des gens pas sympas ont fait qu'on a pensé à partir.
Et là, bam, Manon rencontre au Sailor's Bar (eh oui, tout s'y passe), un vieux français solitaire qui a un bateau et nous propose de nous héberger dans une petite cabine. Banco, après deux semaines au squat, on remplit le caddie et on déménage ! Oui, le problème de faire de la récup dans les poubelles c'est qu'on trouve trop de trésors et on se retrouve vite avec beaucoup trop de choses dont « on a trop besoin ». Nan mais c'est une blague, il n'y a pas tout qui est à nous dans le caddie ^^
Alors sur le bateau, on apprend à faire avec le léger roulis de l'eau et depuis, ça nous arrive souvent d'avoir le mal de terre. Comme ça, tu parles à quelqu'un ou tu vas aux toilettes et bam, il y a tout qui tangue. Ca ne dure pas longtemps mais c'est assez bizarre.
Et puis pour payer un peu notre cabine, tous les matins, on fait ménage, on astique le bois, les maquettes en bois, on nettoie les fauteuils, j'ai même plongé dans les eaux dégoutantes du port pour nettoyer la coque ! C'était une aventure... Surtout le moment, "Tiens, prends ce couteau pour enlever les coquillages sur la coque, fais très attention, ne le perds pas, j'y tiens beaucoup
-Mais oui t'inquiète regarde, je l'accroche à la jambe
2 minutes
plus tard, dans l'eau :
-Euh, je sais pas ce qu'il s'est passé, mais le couteau n'est déjà plus là, il a dû glisser... "
Et vas y que je me fais une apnée en panique dans le fond vaseux. Mais j'ai eu de la chance, je l'ai trouvé du deuxième coup, à 8m de profondeur environ, à moitié enseveli dans le limon vert du port, prêt à disparaître, on ne voyait plus que la lame qui brillait. J'ai eu chaud.
Bref bref bref, plein de choses se passent ici, dont le carnaval et puis....
au jour d'aujourd'hui, on a trouvé un bateau!!!!!
Bon, ils nous ont trouvé sur internet, on leur a parlé au telephone, on ne les connait pas mais ils ont l'air sympa. On sera 3 mecs et 3 filles (tous français) sur un bateau oceanis 411 de 12 metres haha, ca va etre folklorique. Ils ont l'air rigolards et bons vivants.
Le seul problème c'est qu'ils sont a marseille là et qu'ils ne vont arriver que dans deux semaines eux canaries. Alors on doit attendre. On partira surement debut mars, pour les Antilles!
Je n'ai pas le temps de donner plus de détails, je pars avec Manon, Julien et Mickael, 2 français, à la découverte de l'île de Gran Canaria. On va se balader dans la montagne, puis on revient à la civilisation dans un peu plus d'une semaine pour aller avec Coralie et Valentin, qui ont un petit bateau, sur l'île de La Gomera, une autre île des Canaries. Apparemment c'est une île pleine de verdure et magnifique, ca va changer de Gran Canaria qui est plutot brulée et volcanique.
Donc voilà, on va bien s'occuper avant que nos marseillais arrivent et nous emmenent au bout du monde.
Pas le temps de dire plus ni de mettre de photos, ça sera pour une autre fois.
Des bisous et à bientot!
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