Ah, si c'était aussi simple que ça... Quand on a traversé la frontière, à Sonauli, nos appréhensions sont devenues réalité: la foule partout tout d'un coup, du bruit, des cris, des klaxons, les motos, la saleté, avec en plus, la poussière habituelle. Le choc, à nouveau. On n'était pas enchantés.
Mais le pire, ce fut l'arrivée en bus à Gorakhpur, ville de passage, qui fait sûrement partie du top trois des villes les plus dégueulasses. Une grosse poubelle. Les déchets jonchent la rue (en fait, leur poubelle c'est la rue), les merdes sont omniprésentes, les flaques sont des flaques d'urine et les vaches et chiens, dans un état piteux, vagabondent, l'air triste et apeuré à la recherche d'un petit morceau de nourriture.
On a vu un chien, attendant placidement la mort sur le bord de la route, la patte arrière entièrement déchiquetée, sûrement par un bus.
Et à tout ça, il faut ajouter le bruit agressif de la ville, les clochards de tous âges et de tous sexe, et les indiens désobligeants. Au début, j'ai eu l'impression que les gens étaient plus sympathiques. Alors c'est vrai, on n'a pas été harcelé ni arnaqué, mais quand on cherchait vainement un moyen de quitter ce trou pourri, ils étaient là, bras croisés, à nous regarder errer, juste à nous observer comme s'ils étaient au zoo. Il y en avait même qui se foutaient franchement de nous, avec un petit sourire sarcastique.
Ça changeait du Népal où t'as même pas le temps d'avoir l'air perdu qu'ils t'abordent, "où tu vas? ", te donnent de précieuses infos et s'en vont avec un sourire.
Donc pas de train, car qui dit pays surpeuplé, dit "si t'as pas réservé ton billet trois semaines à l'avance, le train est plein", peu d'infos sur les bus et des connards qui nous envoient chier quand on en cherche. C'était un peu trop. Alors oui on est bêtes, on aurait dû prévoir le train, histoire de pas être coincés dans cette poubelle. Mais bon...
Alors pas possible d'aller au Kerala, épuisés par la violence de toute part, on se dit, dans un élan de ras-le-bol, qu'on laisse tomber l'Inde, on change la date du billet d'avion et on va direct en Thaïlande. Puis on s'est ravisé, je ne voulais pas baisser les bras, juste parce que c'est un pays compliqué et difficile.
Finalement, on a réussi à trouver un bus pour New Delhi, dans le but de passer un peu de temps soit au Rajasthan, soit vers l'Himachal Pradesh au nord et d'être près de Delhi où on prendra notre avion.
J'aurais jamais cru, mais c'est possible de faire 24h de bus! Bien serrés, envoyés dans les airs par les nids de poule, impossible de vraiment dormir. Mais on l'a fait hé hé. 24 longues heures. Puis Delhi. On a beau y avoir déjà passé trois jours, on est étonné par la modernité, la relative propreté comparée à Gorakhpur.
Et là, à la descente du bus, à notre plus grand étonnement, on ne nous assaille presque pas pour un taxi ou un tuk tuk et encore mieux, des gens s'arrêtent pour nous indiquer comment prendre le bus jusqu'à notre destination car c'est moins cher. Là, on n'y comprend plus rien. Des indiens qui nous parlent sans vouloir nous vendre quelque chose et sans nous mentir... Je me dis qu'on a bien fait de ne pas capituler si c'est pour balayer nos mauvaises expériences.
Bref, on découvre un Delhi avec beaucoup de gens gentils, qui parlent très bien anglais et qui sont enchantés de nous rendre service: l'un a attendu 15 minutes avec nous à l'arrêt de bus pour qu'on prenne le bon bus, un autre nous a couru après pendant 100 mètres pour nous dire qu'il s'était trompé et nous avait donné une mauvaise info Hihi.
Il nous reste quinze jours pour vivre une bonne expérience en Inde et on a donc choisi le Rajasthan (plutôt que Dharamsala où habite le Dalaï lama, parce qu'il y fait trop froid à cette époque). Cette fois, on ne fait pas la même bêtise et on a acheté tous nos billets de train à l'avance. Alors oui, ça perd en spontanéité, on doit tout prévoir, mais au moins, on a trois tickets de train pour 10 euros en tout! Demain, en route pour Pushkar puis Jaiselmer, dans le désert de Thar.
J'ai hâte, tout le monde nous a dit que c'était incroyable!
Je crois que du début à la fin, dès qu'on prévoit quelque chose, ça change. Mais c'est marrant.
Allez, après les forets du Népal, en route pour le désert!
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