. Le monde à portée de souffle: novembre 2013

samedi 30 novembre 2013

L'Inde, tu l'aimes ou tu la quittes!


Ah, si c'était aussi simple que ça... Quand on a traversé la frontière, à Sonauli, nos appréhensions sont devenues réalité: la foule partout tout d'un coup, du bruit, des cris, des klaxons, les motos, la saleté, avec en plus, la poussière habituelle. Le choc, à nouveau. On n'était pas enchantés.
Mais le pire, ce fut l'arrivée en bus à Gorakhpur, ville de passage, qui fait sûrement partie du top trois des villes les plus dégueulasses. Une grosse poubelle. Les déchets jonchent la rue (en fait, leur poubelle c'est la rue), les merdes sont omniprésentes, les flaques sont des flaques d'urine et les vaches et chiens, dans un état piteux, vagabondent, l'air triste et apeuré à la recherche d'un petit morceau de nourriture.
On a vu un chien, attendant placidement la mort sur le bord de la route, la patte arrière entièrement déchiquetée, sûrement par un bus.
Et à tout ça, il faut ajouter le bruit agressif de la ville, les clochards de tous âges et de tous sexe,  et les indiens désobligeants. Au début, j'ai eu l'impression que les gens étaient plus sympathiques. Alors c'est vrai, on n'a pas été harcelé ni arnaqué, mais quand on cherchait vainement un moyen de quitter ce trou pourri, ils étaient là, bras croisés, à nous regarder errer, juste à nous observer comme s'ils étaient au zoo. Il y en avait même qui se foutaient franchement de nous, avec un petit sourire sarcastique.
Ça changeait du Népal où t'as même pas le temps d'avoir l'air perdu qu'ils t'abordent, "où tu vas? ", te donnent de précieuses infos et s'en vont avec un sourire.

Donc pas de train, car qui dit pays surpeuplé, dit "si t'as pas réservé ton billet trois semaines à l'avance, le train est plein", peu d'infos sur les bus et des connards qui nous envoient chier quand on en cherche. C'était un peu trop. Alors oui on est bêtes, on aurait dû prévoir le train, histoire de pas être coincés dans cette poubelle. Mais bon...
Alors pas possible d'aller au Kerala, épuisés par la violence de toute part, on se dit, dans un élan de ras-le-bol, qu'on laisse tomber l'Inde, on change la date du billet d'avion et on va direct en Thaïlande. Puis on s'est ravisé, je ne voulais pas baisser les bras, juste parce que c'est un pays compliqué et difficile.

Finalement, on a réussi à trouver un bus pour New Delhi, dans le but de passer un peu de temps soit au Rajasthan, soit vers l'Himachal Pradesh au nord et d'être près de Delhi où on prendra notre avion.
J'aurais jamais cru, mais c'est possible de faire 24h de bus! Bien serrés, envoyés dans les airs par les nids de poule, impossible de vraiment dormir. Mais on l'a fait hé hé. 24 longues heures. Puis Delhi. On a beau y avoir déjà passé trois jours, on est étonné par la modernité, la relative propreté comparée à Gorakhpur.
Et là, à la descente du bus, à notre plus grand étonnement, on ne nous assaille presque pas pour un taxi ou un tuk tuk et encore mieux, des gens s'arrêtent pour nous indiquer comment prendre le bus jusqu'à notre destination car c'est moins cher. Là, on n'y comprend plus rien. Des indiens qui nous parlent sans vouloir nous vendre quelque chose et sans nous mentir... Je me dis qu'on a bien fait de ne pas capituler si c'est pour balayer nos mauvaises expériences.
Bref, on découvre un Delhi avec beaucoup de gens gentils, qui parlent très bien anglais et qui sont enchantés de nous rendre service: l'un a attendu 15 minutes avec nous à l'arrêt de bus pour qu'on prenne le bon bus, un autre nous a couru après pendant 100 mètres pour nous dire qu'il s'était trompé et nous avait donné une mauvaise info Hihi.

Il nous reste quinze jours pour vivre une bonne expérience en Inde et on a donc choisi le Rajasthan (plutôt que Dharamsala où habite le Dalaï lama, parce qu'il y fait trop froid à cette époque). Cette fois, on ne fait pas la même bêtise et on a acheté tous nos billets de train à l'avance. Alors oui, ça perd en spontanéité, on doit tout prévoir, mais au moins, on a trois tickets de train pour 10 euros en tout! Demain, en route pour Pushkar puis Jaiselmer, dans le désert de Thar.

J'ai hâte, tout le monde nous a dit que c'était incroyable!
Je crois que du début à la fin, dès qu'on prévoit quelque chose, ça change. Mais c'est marrant.

Allez, après les forets du Népal, en route pour le désert!

mardi 26 novembre 2013

Adios Népal


Ici Lumbini, lieu de naissance du Bouddha! Dernière étape de notre voyage au Népal: demain, on retourne en Inde, avec je l'avoue, un peu d'appréhension. Déjà à Lumbini, on a bien vu qu'on était près de l'Inde, revoilà les scrutateurs sans vergogne. Je jure que dès que j'en ai l'occasion, j'apprends à dire "arrête de me regarder" en hindi.
Mais bon... Donc deux mois passés au Népal, je ne regrette rien. Mes meilleures moments ont été lors de rencontres avec la nature, je l'avoue (je suis plus sauvage que sociable au final :p). Au Langtang, et puis l'autre jour, à Thula Karka "Australian Camp", dans la montagne qui domine la vallée de Pokhara. J'y ai vécu quelques jours intenses de joie fébrile hé hé. Eh oui, parce qu'après avoir marché toute la journée de Naudanda à Australian Camp, j'ai découvert cet endroit magnifique, avec vue sur les Himalayas et cerise sur le gâteau: sur une colline dénudée qui offrait un panorama magnifique, séjournaient des ornithologues ! ! !
Je suis direct allée les voir et j'ai passé tout mon temps avec eux, excitée comme une puce. Ils étaient tellement sympathiques ces passionnés d'oiseaux et ravis de répondre à toutes mes questions. J'ai été fissa chercher Nico qui était resté en bas et on est resté trois jours avec eux et leurs appareils photos géants.
On est devenu potes et mes meilleurs moments je pense, sont quand le faucon pèlerin nous a rasé la tête et quand 2 gypaètes barbus (pour ceux à qui ça parle, c'est le vautour immense qui casse les os des charognes en les laissant tomber en vol) ont plané de longs moments juste à quelques mètres au-dessus de nous. À couper le souffle !

Gypaète barbu, aussi beau et près qu'on l'a vu


Et j'ai vu pour la première fois un lever de lune rouge, ouah.... Et lever de soleil de mon lit :).
Bref, des moments inoubliables, un nouveau repertoire d'espèces d'oiseaux, et des contacts d'ornithologues que je vais garder précieusement!
Sinon, on a rencontré plein de monde cool mais ceux que je préfère sont sans conteste les tibétains. Vraiment dommage que leur pays soit emprisonné. Beaucoup sont bouddhistes et voient la vie d'une facon vraiment agréable et en plus, ils sont gentils, ouverts, marrants et totalement... normaux. Très facile de converser, devenir ami, ils n'attendent rien, ils adorent juste rencontrer de nouveaux gens. Bien sûr, il y a toujours des exceptions, mais vraiment, le peuple tibétain, c'est un peuple en or pour moi.
En tous cas, c'est avec tristesse qu'on quitte les népalais, les tibétains, les bouddhistes... Mais pas les animaux, eux, je sais que les retrouverai en Inde et ailleurs. :)

Par contre, j'ai envie de préciser que malgré tout le rêve que je vends au travers de mes récits et de mes photos cartes postales, ce n'est pas parce que je voyage que tout est forcément incroyable et magnifique. Beaucoup aimeraient être à ma place mais souvent, je me retrouve dans des situations pas marrantes. Et comme partout, il y a des jours où je m'ennuie, où je déprime. Changer de pays ne change pas notre personnalité, et on emporte nos problèmes où qu'on aille. Je vois et j'expérimente des choses incroyables parfois, je suis charmée, ébahie, étonnée, amusée souvent, transportée, mais je suis aussi choquée, triste, lassée, en colère, embêtée, abusée, etc... L'étonnant devient souvent banal, on ne peut pas passer son temps à s'extasier, et parfois, on cherche juste à s'occuper.
De plus, autant que la solitude peut peser, voyager à deux n'est vraiment pas une sinécure! C'est vraiment, vraiment, pas quelque chose de facile et ça change une relation (même si on se marre bien aussi).
Quant aux photos, il n'y a rien de mieux pour enjoliver la réalité. C'est fou comme une chose ordinaire peut être transcendée par la photographie hihi.
Alors en voyant mes belles photos de voyage, sachez que rien n'est vraiment ce qu'il parait et qu'en plus je vous épargne mes états d'âmes, mes pensées mesquines etc, pour que vous ne profitiez que du côté "papillons roses" de mon voyage. Il est aussi bon parfois de ne retenir que le beau des choses.
Je me rends compte toutefois de la chance que j'ai d'être dans des endroits magnifiques et de faire tant de découvertes, de rencontres intéressantes, d'apprendre tant de choses, de m'evader de cette France étriquée et d'être beaucoup plus libre. Pour rien au monde je n'aimerais rentrer!

Bref, demain je change de pays, j'espère avoir une expérience aussi agréable en Inde, et après, ça sera Noël en Thaïlande!
A bientôt sur la plage!

petite anecdote du Langtang trek

 
        J'ai failli oublier de vous raconter l'Anecdote du trek:
Alors que nous observions paisiblement mais fébrilement les singes blancs ( langurs sacrés), Nico, dans son excitation, a décidé de grimper sur un énorme rocher pentu et moussu pour mieux voir les énergumènes. Cela semblait tâche aisée vu que quelques minutes auparavant, les singes en question siégeaient sur ce même rocher.
Il me dit que je devrai lui passer l'appareil photo. Soit. En attendant qu'il fasse son affaire, je profite de mes derniers instants avec l'appareil, quand j'entends Nico qui m'appelle d'une voix crispée: "Naomi, j'ai besoin d'aide!! "
Je tourne la tête et que vois-je? Nico, tête paniquée, faisant l'étoile de mer, agrippé comme une moule sur son rocher, et pourtant, glissant subtilement mais inexorablement vers le petit précipice à ses pieds. Mon dieu, quel spectacle...!
N'écoutant que mon courage, je pose délicatement l'appareil photo, sans le casser (ce qui est une prouesse venant de moi), je prends des deux mains son bras et je tire de toutes mes forces. Dans un soupir de soulagement commun, il met tant bien que mal les pieds sur la terre ferme et comme il est d'usage dans de pareilles situations, nous regardons avec effroi le trou auquel il vient d'échapper. Après un échange de regards un peu honteux, nous admettons qu'il n'aurait pas eu bien mal s'il était tombé et qu'il n'y avait pas eu de réel danger. C'est donc que j'ai pu m'abandonner à mon hilarité si durement contenue tout en me remémorant l'étoile de mer et la voix crispée (bon, j'avoue, je m'étais déjà bidonnée dès qu'il s'était retrouvé debout sur ses pieds) hihi. Et Nico, pour faire le fier, faisait comme si de rien n'était.
Le plus fort dans cette histoire, c'est que ces pitreries se sont passées dans la plus grande discrétion sans aucunement perturber nos amis les singes.
Bref, c'est un peu enjolivé mais c'était quand même digne d'un Pierre Richard haha!

Morale de l'histoire : on n'est pas des singes, aaah non!

samedi 16 novembre 2013

Pas bouger ! Pokhara again...


En ce moment même, nous devrions sûrement être en vue du Sri Lanka, malheureusement, la vie est pleine de surprise et s'applique à nous détourner de notre route prévue.
Eh oui, on est toujours à Pokhara!  Ça va faire deux semaines maintenant, on commence à en avoir un peu marre...
Tout ça à cause ... De la grève ! Eh oui, les français n'en ont pas le monopole. Sauf qu'ici, c'est juste à cause d'une poignée de maoïstes qui font régner la terreur.
En fait, le 19, il y a des élections pour élire l'Assemblée constitutionnelle. Ce sont seulement les deuxièmes élections depuis l'abolition de la monarchie en 2008. Or, les maoïstes, des communistes un peu radicaux à ce que j'ai compris, veulent que le gouvernement démissionne et change. Ils sont donc contre ces élections et veulent les empêcher. Lundi dernier, ils annoncé la Banda, grève où tout est bloqué. 33 petits partis de l'opposition participent à cette grève. La plupart des gens ne sont pas concernés mais en général, tout est fermé, par peur des violences qui pourraient survenir. En effet, les maoïstes ont une réputation bien établie de brigants, du aux violences passées qui ont eu lieu pendant la guerre civile. Les bus ne circulent donc pas, parce que les chauffeurs ont peur de se faire attaquer par les maoïstes qui prennent pour cible les moyens de transport. Par contre, il y a des contre manif, de gens qui agitent le drapeau népalais, pour dire qu'ils ne plieront pas sous la menace. Dans les faits, tout était fermé lundi et mardi, puis les gens ont rouvert, et les bus ont recommencé à circuler entre Kathmandu et Pokhara. Malgré ça, des bus ont effectivement été attaqués, des gens blessés, et du coup, même dans les bus de la ville, il y a toujours deux mecs de l'armée, au cas où.
Seulement voilà, nous, on ne voulait pas aller à Kathmandu mais en Inde car notre visa expirait le 13. Les bus ne veulent pas aller dans cette zone car ils disent que le gouvernement ne protège pas assez cette zone. Donc... On a essayé vainement de trouver un bus courageux, on s'est levé deux fois à 4h du mat, mais rien... Au moins on a pu admirer le lever de soleil. :-)
Les maoïstes tiendront jusqu'au élections. Haha.
Le pire c'est qu'il y en a des maoïstes qui manifestent à Pokhara, et ils n'ont pas l'air bien méchants. En plus ils chantent... :p


Bref, comme il était évident qu'on n'arriverait pas à sortir du pays à temps, on a fait une autre extension de visa... Et bim, 30 dollars!
On ne peut même pas aller voir Lumbini, la ville de naissance du Bouddha, c'est juste à coté de la frontière... :(
Alors on reste là à essayer de se trouver des occupations.
C'est un peu rageant parce que j'ai envie de bouger, de prendre la route, de découvrir autre chose. En plus, comme on aura passé 2 mois Népal finalement, on ne peut pas aller au Sri Lanka! Foutue grève... Mais les gens d'ici sont aussi embêtés que nous.
Donc adieu Sri Lanka, ça sera pour une autre fois, et on va continuer d'admirer le lac Fewa de Pokhara. On a trouvé une guest house pas chère, un peu reculée sur la colline, avec une jolie vue sur la ville, le lac et les collines en face. C'est beau, ça aide à passer la pillule.


En plus juste à coté, il y a des tout bébés chiots, des chèvres qui aiment les gratouilles et un petit veau alors c'est chouette.



On a bien profité de Pokhara et des alentours auparavant, on va essayer de continuer... Dimanche on va laisser nos gros sacs à la guest house et se mettre au vert pendant quelques jours, faire du trekking dans les alentours. Ça va faire du bien!

Sinon avant hier je suis montée à la pagode de la paix au dessus de Pokhara et j'ai vu des singes ! :-) Ils se balançaient dans les arbres, c'était beau. Et des beaux oiseaux à très longue queue. Heureusement, il y a la foret...


lundi 11 novembre 2013

photos Langtang trek


Bon, vive internet, il y a un peu tout qui est mélangé, mais c'est pas grave. Malgré qu'on ait rencontré beaucoup de monde, je n'ai pas beaucoup de photos de gens car ça me gêne toujours un peu de prendre les gens en photo. L'autre jour, à Pokhara, j'ai été la cible des gros appareils photo de touristes chinois, et ça fait bizarre quand même. Alors bon, parfois, je profite de l'instant et de la personne plutôt que de prendre un photo.


Glacier du Lirung à Kyanjin Gumba


À la recherche du panda roux


Propriétaire toute gentille du yak hôtel, entre sherpageon et Shyaphru BBesi
Séchage de bouse de yak. Je crois que ça sert de combustible hé hé 


Kyanjin Gumba, 3950m

L'envers du décor à Kyanjin Gumba....


Petit hôtel aux divinités et bouddhas au lirung view hotel de gumba village

Langtang village



Lieu sacré Tamang. Sur la pierre sont gravés des symboles bouddhistes et des prières en tibétain.

Yak!

Stupa dans la montagne


Toit du bus


Compagnons de toit


Depart







Beaux champipi

Pauvre porteur....


Ruches accrochées à la falaise

Je sais pas ce que c'est comme rongeur mais ça fait de drôles de bruits!





Macaaaque. Il a essayé de me faire partir avec ses menaces


 



Australiens super sympas rencontrés sur le chemin. Ils nous ont fait plein de cadeaux. Ils sont marrants sur leurs petits chevaux

Tant tant de chiendent magique sur le chemin!





Dans la cuisine du refuge de woodland, avec les guides et porteurs (pas les nôtres, on n'en avait pas)

Observation de petit oiseau!




Bébé yak et sa maman qui fait pipi hihi


Pierre gravée sur un lieu saint de l'ethnie Tamang. On en retrouve partout sur le chemin

Les wagons de nuage qui passent devant nous à Gumba village


Yak paissant à Kyanjin Gumba, 3950m

Notre guest house Lirung view hotel, nichée dans la montagne



Langur sacré


Sherpageon dans la brume

Métier à tisser les habits traditionnels à Sherpageon