. Le monde à portée de souffle: Langtang trek mon amûûûr

vendredi 1 novembre 2013

Langtang trek mon amûûûr

En direct de Pokhara, ville sympa au bord du lac Fewa. Pour l'instant, il fait tout gris et il pleut parfois mais normalement, on peut voir les annapurnas enneigés se refléter dans le lac... A voir.

Notre trek dans le Langtang était juste incroyable. On est parti une semaine, départ de Shyapru Besi, déjà à 1400m, mais surtout, petite villounette nichée au fond d'une vallée et entourée de montages énormes et à pic.

Déjà, le plus marquant a été sans conteste le voyage de Kathmandu à Shyapru Besi. Pour donner une idée, il faut 10h de routes pour faire 110 km. Ah oui quand même!
Déjà, le bus s'est vite rempli en mode népalais: quand il n'y a plus de place, on pousse! Du coup, très vite, c'était le bus des sardines avec en plus d'autres encore sur le toit. On devait bien être une petite centaine dedans/dessus. Ça a commencé à se compliquer quand la route est devenue un chemin de terre bordant un ravin vertigineux. Alors oui, le chauffeur a du mérite, surtout quand on le voit manœuvrer un bus surbondé dans les éboulis, les nids de poule, la boue, en montée, alors que nous, on verrait ça, on n'y ferait à peine passer un 4x4. Et là, un bus...
Nico, qui était allé sur le toit car une gamine lui avait piqué son siège, s'est fait des petites montées d'adrénaline quand le bus penchait vers le ravin et qu'il pouvait l'admirer à loisir.
Quand à moi, j'ai pas vécu l'expérience "toit de bus dans les éboulis" mais une autre, toute aussi croquignolette:
Une mignonne grand-mere voyageait avec ses petits enfants que nous appelleront Nino (environ 3 ans) et Nina (environ 7 ans) pour simplifier. Elle s'est assise à côté de moi avec Nino affalé sur les genoux qui ruisselait de sueur dans ses gros vêtements. Au bout d'un moment, j'ai remarqué Nina, debout, qui essayait de se reposer sur sa grand-mère mais se faisait écraser contre le siège par les gros lourdauds qui encombraient le couloir. Je l'ai vue commencer à suffoquer et disparaitre alors j'ai fait signe à la mémé : donne moi le gamin, prends la gamine! Hop hop, passage de gosse, Nina sauvée et je me retrouve avec Nino qui m'adopte en deux/deux et m'envoie des magnifiques sourires quand il lève la tête vers moi. Il est pas compliqué, j'ai l'impression d'être un agréable rocking chair et moi je suis contente, je pouponne un peu.
Bref, on a tout partagé, les deux gamins s'endormaient sur moi, et les sièges étaient tellement petits et la foule oppressante que j'étais encastrée dans grand-mère. J'ai eu du mal à m'en extraire de ce tas de corps quand le chauffeur a demandé pour la 3eme fois aux gens de descendre pour alléger le bus. Épique de voir un bus chanceler dans ces éboulis.
Une fois revenue dans la cohue, et avec mon petit Nino, cerise sur le gâteau, j'entends une clameur se répandre parmi mes voisins, que se passe-t-il? Oh mon petit chérubin a vomi sans crier gare! J'étais pliée de rire, surtout qu'à chaque seconde, on en découvrait un peu plus : sur le pantalon, oh, partout sur sa soeur qui ralait, oh, plein ma main! Oh dans le sac de mamie... Haha. Alors sachez le, le vomi népalais sent les épices et c'est pas aussi degueu que le notre hihi. Mais bon, vomi quand même.
Du coup, le reste du voyage, je l'ai fait au grand air, sur le toit, à me gaver les yeux de ce paysage magnifique.
Le voyage le plus rocambolesque de toute ma vie :-)

Les prochains jours, ça a été marche marche mais pas si dur que ça quand on est au grand air. On y a été tranquille, car on s'extasiait beaucoup sur la moindre feuille, les petits oiseaux, tout ça. Et puis il y a des refuges partout sur la route, c'est tranquille. On a quand meme fait 2500m de denivelé en 4 jours! Les deux premiers jours, forêt luxuriante remplie de "chiendent", on longe une rivière furieuse et majestueuse, impressionnant. Ça grimpe sec et le pire c'est que les porteurs, qui montent avec au moins 3 gros sacs sur le dos, nous dépassent haha. Mais on s'en fout, on a vu plein d'animaux! (On s'arrête toutes les 3 secondes auss, dès qu'une branche craque) Des singes, macaques et Langur, singes à la tète noire couronnée de poils blancs. Ils étaient tellement près qu'ils nous faisaient des menaces pour qu'on s'éloigne. Magique. Puis des oiseaux, des bleux, jaunes, rouge fluo, etc, des écureuils, une espèce de cochon d'Inde arboricole, on sait pas trop, des lézards, des yaks, des aigles, etc! On a même vu la danse de parade d'une mouche puis l'accouplement, et un couple de corbeau prendre en chasse un faucon. Bref, j'étais aux anges.

Bon, à partir de 3000m, on a galéré. On est sorti de la foret et on a pu admirer les géantes montages autour de nous, avec en fond les neiges éternelles. Mais souffle court et mal de crâne. On devait se lever tôt aussi, du coup on a pris un rythme rigolo, 6h30 on se lève, 14-15h, on s'arrête, 18h, on mange et hop 19h, c'est l'heure d'aller au lit, complètement nazes! En même temps il fait froid, nuit et ya pas d'électricité...
On est finalement arrivés à Kyanjin Gumba, 3950m. Panorama époustouflant, des 6000, 7000 m tout autour de nous. En plus village Tamang (ethnie proche des tibétains) bien sympathique où on déguste du très bon fromage de yak, miam!
On est redescendu en 3 jours, en profitant un max.

Je ne peux pas tout raconter, en si peu de temps, on a vu tellement, on a rencontré plein de gens marrants, voyageurs ou népalais, on s'est apaisé, on s'est immergé dans cette nature incroyable. Bon, on n'a pas vu panda roux ni de léopard des neiges même si Nico était au taquet mais bon.

Sur le chemin retour, je me suis dit que c'était sûr, ma place est dans la nature, je m'installerais bien dans ce petit coin de paradis, moi aussi j,'aurais ma moto et ça serait beau.
Le retour à la ville a été comme une douche froide. Ça m'a déprimé !
Du coup c'est sur, on va essayer d'éviter les villes le plus possible...

On est resté quelques jours à Kathmandu, histoire de faire quelques achats plaisir, manger du chocolat, dire très chaleureusement au'revoir à Bharat et Krishna qui en plus nous ont prêté des petits sacs à dos! Ah oui parce qu'on était un peu les légendes du trek, tout le monde parlait de ces deux français qui n'avaient qu'un micro sac sur le dos ! Bon, oui, c'était léger et pratique mais adieu le confort. Les mêmes habits pendant une semaine, ça n'a pas mis longtemps pour qu'on traine une odeur de fennec derrière nous. On aurait dit que l'odeur de transpiration s'était imprégnée dans les vêtements !

A Kath, on a trouvé une guesthouse de hippie avec un beau toit-terrasse fleuri et peinturluré où on a rencontré plein de gens sympas, dont Jeffski, californien excentrique toujours avec sa pipe à beuh, obnubilé par le thé, les tea-house et les chapeaux etranges. Il nous a bien fait rire.

Bref, adieu Kathmandu, bonjour Pokhara, après 7h de route. C'est la saison touristique alors tout est plus cher mais bon, toujours moins qu'en France.
C'est joli, aéré, moins pollué, calme, mais bourré de touristes. Cet après-midi, au bord du lac, on a rencontré Manou et Sonou, deux businessmen indien super sympas qui nous ont invité à boire des coups et à manger demain midi! On va pas refuser un repas gratuit hein ;). C'est fou ça, il faut aller au Népal pour rencontrer des indiens cool hihi.

On rencontre aussi des gens fous: pas loin de nous, au bord du lac, un blanc babos joue de la flûte, un népalais bourré vient lui parler et quelques minutes plus tard, il (le blanc) se lève et se met à hurler "police, help" comme un fou. Personne ne sait comment réagir, surtout qu'on ne voit pas de problème et que le népalais à coté a l'air tout a fait blasé. Puis, après avoir hurlé tellement qu'il est tout rouge, il s'arrête, se recouche et recommence à jouer de ma flûte.... O_o. Gros flottement autour de nous puis on s'est bien marré. Etraaaaange... Je crois que les gens fument trop à Pokhara :p

Je compte peut-être dans les prochains jours passer quelques jours dans un monastère tibétain pas loin de Pokhara, histoire de méditer un peu, s'isoler. On verra bien ce que ça donnera.

Voilà, fin du roman, la suite, encore à Pokhara et Lumbini (ville native du buddha) .

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