Nous voilà arrivés à Bangkok, en Thaïlande, après un voyage bien fatiguant depuis Jaisalmer.
Encore un dépaysement, c'est un sacré exercice de chaque fois qu'on s'habitue à un endroit, le quitter et retomber dans l'inconnu. Mais on était bien content de changer d'air.
Bangkok contraste de bien des manières avec l'Inde: calme, organisé, propre, gens polis en général, beaucoup de riches, on te laisse tranquille, mais l'habit de rigueur pour les filles, c'est le mini short! On est envahi de gambettes de tous les côtés.
Avec tout ca, difficile de se croire en décembre haha. Ah et puis enfin, enfin... La bouffe me plait ! Il y a plein de vendeurs ambulants qui vendent de tout, des fruits aux poissons frits, miam. Mais bon, on n'a encore rien vu!
Bref, la Thaïlande promet mais je sais pas encore quelle sera la prochaine destination.
Sinon, on a bien fait de rester en Inde pour essayer de voir une autre facette de ce pays surpeuplé.
On a passé deux semaines au Rajasthan, le pays du sable et des maharadjas. Architectures incroyables qui font penser aux mille et une nuits, couleurs chatoyantes, femmes recouvertes de bijoux et un désert magnifique.
Pushkar: minuscule ville toute bleue et blanche où on a eu le plaisir de s'initier aux percussions indiennes! Tous les soirs, une heure avant le coucher du soleil, des batteurs s'installent au bord du lac et jouent, jusqu'à ce que le soleil disparaisse. Alors ils laissent place aux fidèles (hindous) qui déposent des bougies sur le lac et sonnent les clochettes. Un batteur ramenait des instruments en plus et qui voulait pouvait jouer avec lui. On s'est bien amusé.
| Percus au coucher du soleil |
| vue de Pushkar et de son petit lac depuis le toit |
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| temple sikh au coucher du soleil |
Dans la même veine, Nico a rencontré un joueur de Didgeridoo avec qui il a pu fabriquer son propre didgeridoo! C'est sympa mais pas très pratique à porter en voyage par contre hé hé.
On a pu découvrir une nouvelle faune à Pushkar, en plus des habituels tamias (écureuils), chiens de tous poils, vaches et choucas, on a fait la connaissance des cochons! Comme ca, tranquilles, se roulant avec toute la famille et les bébés dans le caniveau...
Et au lieu des bêtes macaques, on a plutôt vu des singes langurs, on croyait qu'ils ne peuplaient que les montagne du Népal !
| ah ben oui, ils sont susceptibles quand même, faut pas trop s'approcher sinon ils se fachent!! |
Après Pushkar, Jaisalmer, tout près de la frontière du Pakistan en plein désert ! Dans le train qui filait, c'était impressionnant de découvrir ces grandes étendues jaunes, les cheveux au vent, penchée par la porte ouverte.
Cette ville est incroyable, elle m'a époustouflé. C'est un énorme fort jaune, un des rares à être encore habité. On ne sait même plus quand on peut arrêter de s'extasier tellement c'est beau. C'est du pas mal à la présence de temples et des havelis, maisons d'anciens marchants, richement ornées de ziguouiguouis et arabesques de partout pour prouver que c'est moi le plus riche! De toute bôôté.
| Femmes rajasthanies et leurs grands voiles, aux portes du fort de Jaisalmer |
On voulait faire une petite balade dans le désert du Thar avec des dromadaires et on s'est fait accosté dans la rue par Kheta, connu comme l'homme au turban rose hihi. Tout le monde le connait à Jaisalmer. Il s'est présenté comme chamelier indépendant et homme du désert.
On était un peu sceptique parce que bon, l'honnêteté et les indiens, hum, faut avouer... Mais finalement, il était moins cher que les autres, il n'avait pas l'air de mentir et il était sympa, alors on a dit banco pour 3 jours et 2 nuits dans le désert. On a recruté Javier dans la rue, un espagnol que Nico avait rencontré à Pushkar, et hop, le lendemain c'était parti!
| Javier et Kheta |
| La femme de Kheta et la fille de... je ne sais pas qui, il y en avait tellement, on ne savait même pas à qui ils étaient hihi |
| Kheta et son turban, ses fils présumés et une femme de sa famille derrière avec ses gros bracelets sur les bras, typique au Rajasthan |
| le pauvre petit morveux, il vient de se réveiller et des blancs bizarres le fixent... Le gros bijou dans le nez de la femme de Kheta signifie qu'elle est mariée. |
Un silence écrasant, aucun touriste, du sable, des buissons, les pets et rots des dromadaires, les chants de Guemra, la chaleur étouffante, les couchers de soleil sur les dunes, le doux balancement de la marche du dromadaire, les animaux (renards, vaches, chèvres, dromadaires sauvages, lézard des sables, vautours percnoptères, gros scarabées noirs, gazelles, cochons sauvages, souris, oiseaux rigolos, etc)... bref, c'était merveilleux, j'étais ravie et si bien.
| Guemra et nos dunes de premier bivouac |
| Notre camp n°1 et notre simple lit à la belle étoile. Préparation du tchaï sur le feu |
| Ah le sable fin des grosses dunes... On en retrouve même dans le slip! |
| Nos grosses dunes de la deuxième nuit. Sauras-tu dénicher le scarabée qui s'est glissé dans cette photo? |
| La troupe au complet à la fin de cette rencontre avec le désert |
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| Notre bivouac n°2 au petit matin, bien à l'abri au milieu des dunes. Ouais enfin il y a quand même du vent la nuit ! |
Kheta a une vie pas très marrante, il est de plus basse caste que les autres agences de safari et comme il est indépendant, ils lui font des sales coups, comme dire aux touristes qui le cherchent qu'en fait il est mort. Il nous raconte ça en rigolant mais on sent bien que ça l'a beaucoup blessé. Il est pauvre, a une grande famille à nourrir mais dans le désert, son sourire apparaît et ses yeux étincèlent, on voit qu'il est heureux dans le désert et ça fait plaisir à voir.
Guemra quand à lui n'en demande pas plus que d'être dans le désert avec ses bêtes, chanter, manger, faire du feu dans le sable et rencontrer des gens intéressants. ça lui suffit.
| Guemra le sage |
Les trois n'arrivent pas à retenir les prénoms occidentaux, alors ils nous appellent ''friend'', sauf le dernier jour quand Adou, tout fier d'avoir retenu mon prénom criait a tout bout de champ à l'avant de la caravane '' Noomi, Noomi! Fox hole, Nomi!'' Oui oui Adou, j'ai vu, il y a un terrier de renard hihi.
| Adou le beau gosse, ouais, quand il ne sourit pas hehe |
Un autre jour, on s'est pris un petit coup de liberté en louant une moto.
On a sillonné les routes du désert sur les traces de villages fantômes et de magnifiques temples dont un temple Jain. Ce temple aux fines ciselures nous a laissé sans voix. Journée incroyable, surtout dans le village abandonné au pied du fort Khaba. Des ruines envahies par le sable et partout, des paons sauvages, avec en toile de fond, le coucher de soleil.
| Jardin du temple Jaïn à droite |
| Dromadaire assoupi dans ses breloques |
| Les paons sauvages du fort Khaba au coucher de soleil |
| Nico et un berger complètement frappadingue rencontré sur les hauteurs du village fantôme de Khuldara |
| Les ruines du village sous le fort Khaba qui l'habille de son ombre |
Bref, c'est peu dire mais j'ai beaucoup aimé le Rajasthan, surtout que les gens sont beaucoup plus sympas aussi. Moins de regard vicieux. Même si j'ai failli foutre un poing à un mec qui était allé trop loin dans le train du retour à Delhi.
Maintenant, autre pays et autre configuration: c'est désormais seule que je vais continuer l'aventure, même si ce n'était pas une décision qui a été évidente à prendre. Comme je l'ai déjà évoqué, ce n'est pas facile de voyager à deux, donc Nico et moi, on part chacun de notre côté, en espérant que ce sera bénéfique pour nous deux. Bref...
Demain, je prends la direction d'une île, un peu au hasard, Ko Chang, histoire de quitter Bangkok et de passer Noel sous les cocotiers.
Joyeux Noel à tous, évitez l'indigestion!
| Devant le fort Khaba avec la bécane :) |
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