Après un voyage harassant de près de 30 heures, je suis arrivée lundi à Ko Kong, Cambodge, ville frontière avec la Thaïlande.
Déjà, le trajet, c'était pas triste. J'ai essayé de faire du stop à Chiang Mai, il y a même un pompiste qui m'a fait une belle pancarte marqué "phitsanoulok" en thaï, c'était atelier coloriage!
Mais les seuls qui se sont arrêtés, ce sont des gens qui m'indiquaient la station de bus en face. Haha. C'est vrai qu'un blanc c'est bête, c'est capable d'attendre le bus sur l'autoroute avec une pancarte hihi... bref j'ai laissé tomber quand une nana s'est arrêtée devant moi pour écrire un SMS et un autre pour vérifier ses bidons à l'arrière...
Alors c'est parti pour des dizaines d'heure de route et beaucoup de bus. Dans cet ennuyeux voyage, je retiendrai mes compagnons thaï à Lopburi qui m'ont mis dans le mauvais bus, pour Chonburi au lieu de Chanthaburi... Mais ils étaient marrant, même à 2h du mat. L'un me parlait moitié anglais moitié thaï et c'est à ma grande surprise que je comprenais ! Mais un autre, un coup dans le nez, m'a fait la conversation en thaï et n'avait pas l'air d'assimiler que je ne comprenais rien, malgré ma communication gestuelle. Et en plus il me suivait partout!
Comparés aux indiens et népalais, les thaï sont discrets, parfois renfrognés, un peu chacun pour soi comme les français. Dans les bus, c'est silence complet, bizarre! Mais ils peuvent aussi être étonnants. Pour preuve, le préposé à l'enregistrement des bagages à Phitsanoulok tirait une gueule de cent pieds de long et maugréait plutôt qu'il ne parlait. Tout à coup, le chien de la station arrive avec une balle en plastique dans la gueule, et voilà que monsieur le bagagiste se lève de son siège et lui court après. Pour le taper? Même pas! Il lui prend la balle, la lance et éclate de rire en voyant le chien qui court après. Le chien était tout content et on les voyait tous les deux courir dans tous les sens. Tout le monde était plié de rire. Et c'est le chien qui s'est fatigué en premier hihi...
Bref, sinon, la Thaïlande ne m'a pas laissé une forte impression, sachant que je n'en ai pas vu grand chose quand même. Mais voilà, beaucoup beaucoup de touristes, pour la plupart venus faire la fête, et des thaïs assez fermés en général, et qui détestent les blancs et disent à leurs enfants qu'on est des diables... (Dixit des français qui parlent suffisamment thaï pour avoir entendu ça). Ah. bon, je peux comprendre mais quand même...
D'ailleurs on aurait pu aller voir les femmes girafes dans les montagnes (nombreux tours et treks proposés) mais déjà que je ne me sentais pas d'aller voir des gens pour les regarder comme des extra-terrestres, on a en plus appris que ces femmes n'ont pas la belle vie et se font exploiter par l'industrie du tourisme. En fait, ces femmes de l'ethnie Karen sont normalement issues de la Birmanie. Mais elles ont fui ce pays et se retrouvent en statue de réfugié en Thaïlande. En contrepartie, la Thaïlande exerce une sorte de main mise sur ces tribus, car elles représentent beaucoup d'argent pour le tourisme. Comme il faut que les touristes continuent à venir les mater, elles ont interdiction de s'habiller de façon moderne, d'avoir un portable par exemple, et surtout, interdiction de quitter leur village et obligation de rester devant sa bicoque traditionnelle à faire de l'artisanat traditionnel que t'es censé acheter. Bref, de l'esclavage. Je suis donc bien contente de ne pas y avoir été.
Je me suis donc hâtée vers le Cambodge. Et pour l'instant, il ne m'a pas déçue. Je n'ai pas quitté encore Ko Kong car je m'y trouve bien et j'ai rencontré des gens sympa.
Premier soir, j'ai compris que la ville était spéciale, après avoir rencontré deux "cow-boys" tendance hors-la-loi, dont je tairai les noms pour plus de sécurité ^^. Ben, c'est que j'ai appris sur leur cas des sacrés histoires qui m'ont fait ouvrir de grands yeux. Eh oui, cowboy n° 2 était bourré et avait la tchatche ! Cowboy n°1, rangers dans la jungle, était plutôt du style lonesome cowboy, avec un physique de gros dur et du genre "tous les moyens sont bons pour protéger la forêt". Bref, je n'en dirai pas plus sur internet! ;)
Mais en tous cas, ils font partie de la poignée d'expatriés aventuriers qui maudissent les autres expats. J'ai appris les petites guéguerres de voisinages, c'est marrant.
J'ai failli partir dans la jungle avec cowboy n°2 qui y emmenait des touristes en motocross le lendemain, mais bon, je sais pas conduire de moto et parole de saoulard n'est pas vraiment une promesse...
J'ai laissé tomber mais j'ai rencontré Pierrot et Véro chez Paddy guest house, qui m'ont bien aidé à m'intégrer. Grâce à eux, j'ai pu aller avec eux dans la ferme de Paddy, au milieu de la mangrove, pour amener les planches qui serviront à Ado le bosniaque (depuis 7 ans au Cambodge) à construire sa cabane, eh ouais. Marcher pieds nus dans la boue profonde de la mangrove pour décharger le bateau? (Djela, le fils d'Ado en a perdu sa chaussure quelque part, avalée par la boue hihi) Check !
| Pierrot et Paddy sur le bateau au milieu de la mangrove. Affalé au bout, un de ses "gamins" qui sait tout faire, même manier le bateau comme un grand! |
| Préparation du repas. Et shlack le poisson! |
Quand je rentre le soir, souvent, alors qu'ils ont commencé leur garde, il y a les trois copains chiens de la maison qui viennent se frotter contre moi pour avoir des câlins, ils sont mignons.
Pierrot et Véro, vendeurs en camion de vêtements équitables en festival et autres, ont bien roulé leur bosse depuis longtemps et me donnent plein de tuyaux. Et puis en plus, ils m'invitent quand je veux dans le Tarn alors je suis bien contente! Paddy leur a proposé de construire leur cabane près de sa future éco ferme alors ils vont sûrement s'installer un de ces quatre ici héhé.
Mais il a bien fallu qu'ils partent, alors j'ai aussi exploré les environs, à vélo, en scooter... La belle plage de Ko Kong où j'ai pu voir un magnifique martin pêcheur à collier blanc, des crabes et leur confection de boulette de sable et des magnifiques coquillages. Et personne en plus!
| Sur la route de la plage, une sorte de zone humide où séjourne le martin pêcheur |
Pour une fois, ce sont les photos qui n'arrivent pas à la cheville de la réalité.
Plein de bassins, des belles petite chutes, des papillons, des beaux rochers, une rivière magnifique... J'étais conquise. Dans le grand bassin, je m'amusais à zigzaguer en apnée entre les rochers où s'enroulaient des courants chauds ou glacés et de temps en temps, des poissons filaient devant moi.
En amont de la rivière, celle ci devenait profonde et plate, je me suis empressée de m'y baigner, quand m'est revenue à l'esprit une conversation que j'ai entendue où il était question de crocodiles dans la Tataï. Ah là, toute seule au milieu de la jungle, j'ai pas fait la fière, j'ai pris mes jambes à mon cou et regagné la rive au plus vite! La honte.
Mais près du grand bassin, surprise, des macaques sauvages sortent de la foret car un groupe de touristes leur donnent à manger. Je suis étonnée de les voir si dociles, ils ne volent pas, ne tapent pas, se laissent caresser et s'assoient à côté des gens comme si de rien n'était. Moi de mon côté, j'ai trouvé des bananes, ça tombe bien, j'avais faim. Je les agite en l'air et ils ne mettent pas longtemps à rapliquer vers moi, me grimper dessus et à me dépouiller de toutes les bananes! Ils se mettent à se gaver de banane en gémissant de plaisir et je remarque, vu que je suis à moins d'un mètre d'eux, qu'ils remplissent juste leur gorge sans avaler! Ils ont pas l'air malin :)
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